Point de vue de la Jeune Fille.
Raphaël est agaçant, je le conçois, mais il est drôle, gentil et intelligent. Il sort des débilités affligeantes, mais il ne joue cette comédie que pour rire, bien que certains jours, c'est à se demander s'il se rend compte de ce qu'il dit. Je l'ai connu tout petit et il m'a connu toute petite, minuscule même. Il a toujours fait une tête de plus que moi... ce n'est pas que je suis petite, c'est lui le géant !
Nous avions fait toutes nos années ensemble, de la maternelle au lycée. Ce n'est qu'au collège que j'ai été amoureuse de lui, il n'a rien vu. Ce n'est pas lui qui ne voyait rien, non je ne lui ai pas vraiment montré, il enchainait petite amie sur petite amie, et je gardais le sourire. Je me souviens encore, lorsqu'il avait perdu sa virginité.
On était en troisième et c'était lui qui me ramenait chez moi après les fêtes, je buvais peut-être un peu trop avant. A cette époque, il me prenait pour sa meilleure amie c'est tout ou il ne se rendait pas compte qu'il m'aimait, ça m'attristais un peu, il ne voyait en moi que la meilleure amie d'une vie avec qui il partageait tout.
Puis, je pouvais difficilement détester ses petites amies, c'était des filles adorables, calmes et non superficielles. Mais il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas chez elle. Jusqu'au jour, où Raphaël est sorti avec Eliza Terrier.
Il était littéralement fou d'elle, il ne me parlait pratiquement plus, juste pour s'inquiéter de ma santé et pour me parler d'elle. C'est donc avec elle, qu'il eut sa première nuit. Si je ne lui avais pas raccroché au nez, le soir quelques heures après l'acte, quand il avait commencé un récit détaillé, je crois que j'aurai vomir tout un ramassis d'insultes et le délicieux repas de ma mère.
Il était aux anges, tellement que ça m'en foutait le cafard. Horrible ! Ils se bécotaient devant moi, sans aucune retenue. Au début. Mais un jour, oh ! Heureux jour !, cet idiot avait fini par dire : "Je t'aime" !
Moi qui connaissait Eliza, pour l'avoir consolé en 5e d'une peine de c½ur incurable, où les "je t'aime" étaient abondants et pas toujours sincère. Je savais qu'elle était fichtrement allergique à ce genre de mots. Je n'avais pas prévenu Raphaël, car je ne savais pas ce qu'il allait dire, mais je le supposais. Il y a une nuance. Oui, c'est bon, je sais. Mieux vaut prévenir que guérir et tout le tintouin. En faite ; j'avais carrément oublié ce proverbe... Oups...
Oui, je sais c'est méchant... J'ai mauvaise conscience (? pff). Il l'a oublié, malgré que cela ai mis quelques semaines. Il ne montrait pas qu'il était triste, son orgueil le poussait à ignorer les sentiments.
Au lycée, j'ai commencé à sortir avec des garçons. En effet, en 6e, avec une amie, Marie, on s'était promis de ne pas sortir avec quelqu'un avant le lycée, à part si on était "folle dingue de trop méga cinglée de lui" selon nos termes d'autrefois * Laissez moi me pendre *, car on les trouvait tous trop cons et immatures.
On a toutes les deux tenu, il y avait des garçons exceptionnels au lycée. Mon premier petit ami était Albert Hiertch. Ses parents étaient allemands et d'une gentillesse sans faille. Raphaël, lui, ne faisait que taquiner Albert, mais ils s'entendaient très bien. Albert écrivait beaucoup, c'était le genre trop cool, philosophe dans l'âme et fan de culture. Tout mes petits copains furent comme ça... Raphaël était un peu de ce genre, plutôt cultivé, mais très très rigoleur. A force de vivre avec lui, c'en était énervant, exaspérant.
Mais ce n'est que l'avant des événements, question de comprendre un peu mieux. C'est là que les mystères commencent...
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^^ Merci de donné vos avis.
Image : RobbyP